À Centrale Nantes, deux éoliennes flottantes testées avec un ancrage commun

Éolienne flottante Floatgen au large du Croisic, photographie d'Olivier Dugornay, illustration du secteur de l'éolien flottant
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Dimanche 11 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Et si deux éoliennes flottantes pouvaient partager une partie de leur système d’ancrage ? Cette piste est étudiée à Nantes pour réduire certains coûts de l’éolien en mer, sans compromettre la sécurité des installations. Au printemps 2026, les chercheurs du laboratoire LHEEA de Centrale Nantes ont consacré près de trois mois à une campagne d’essais dans leur bassin océanique.

Pourquoi relier deux éoliennes plutôt que les ancrer séparément ?

Les éoliennes flottantes sont maintenues par des lignes qui les relient au fond marin. Avec l’éloignement des côtes et l’augmentation des profondeurs, ces équipements représentent une part importante des investissements. Partager certaines ancres ou lignes pourrait réduire la quantité de matériel nécessaire et les futures opérations de maintenance.

Mais cette solution crée une difficulté supplémentaire : les mouvements d’une éolienne peuvent modifier les efforts subis par l’autre. Les ingénieurs doivent donc comprendre le comportement de l’ensemble, notamment en cas de houle importante.

Deux maquettes de cinq mètres dans un bassin de 50 mètres

Pour leurs expérimentations, les équipes nantaises ont utilisé deux modèles réduits de flotteurs de type SPAR, constitués d’une structure cylindrique verticale. Les maquettes, à l’échelle 1/40, mesuraient environ cinq mètres de hauteur totale et pesaient chacune près de 330 kilos.

Dans le bassin de 50 mètres sur 30 mètres, elles étaient espacées d’environ 17,8 mètres, soit approximativement 700 mètres à l’échelle réelle. Cinq lignes d’ancrage formaient le dispositif, dont une partagée entre les deux structures.

Le système SOFTWIND a permis de combiner les vagues produites dans le bassin avec une simulation numérique, en temps réel, des efforts du vent sur les turbines. Les chercheurs ont suivi les mouvements des modèles, les forces exercées sur les mâts et les tensions dans les câbles.

Des essais de tempête pour mieux mesurer les contraintes

La campagne a notamment reproduit des conditions de mer difficiles, correspondant à des tempêtes exceptionnelles. Les mesures montrent pourquoi il ne suffit pas de connaître le comportement de chaque éolienne prise isolément : selon le sens des vagues et les interactions, les deux flotteurs peuvent se rapprocher, s’écarter ou bouger de manière comparable.

Ces résultats doivent maintenant alimenter des modèles informatiques pour dimensionner les futurs ancrages. Ils ne signifient pas qu’un nouveau parc industriel utilisant ce montage a déjà été validé. L’analyse scientifique se poursuit.

FLOATFARM, une recherche européenne jusqu’en 2027

Les essais s’inscrivent dans FLOATFARM, un projet lancé en 2024 et prévu jusqu’à fin 2027. Il associe 17 partenaires de huit pays. Son ambition est d’améliorer le rendement, les coûts et l’impact environnemental des futurs parcs éoliens flottants.

Pour suivre cette recherche, le public peut consulter le site officiel du projet FLOATFARM et les travaux des bassins de Centrale Nantes.

Photo d’illustration : Floatgen au large du Croisic (projet distinct de FLOATFARM). © Olivier Dugornay / Ifremer, CC BY 4.0 ; recadrage. Source de la photographie.

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