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La Ligue des droits de l’Homme de Nantes interpelle sur les moyens policiers et judiciaires mobilisés contre une militante d’Extinction Rebellion.
Dans un communiqué daté du 23 juin 2026, l’association revient sur une action menée un an plus tôt dans des magasins du centre-ville de Nantes, pendant les soldes.
La militante, désignée sous l’initiale “J.”, a été relaxée des faits de dégradation et de dépôt de liquide insalubre. Elle a toutefois été condamnée pour refus de prélèvement ADN et de prise d’empreintes.
Une action contre la fast-fashion en juin 2025
Le 25 juin 2025, “J.” participe à une action d’Extinction Rebellion à Nantes. L’objectif annoncé est de dénoncer les conséquences sociales et écologiques de la fast-fashion.
Selon la LDH, l’action consistait à déposer quelques gouttes d’un produit très odorant dans deux magasins du centre-ville. Une lettre d’excuses, des bonbons et des affiches explicatives avaient aussi été déposés.
L’action se déroule à visage découvert. L’un des magasins ferme temporairement ses portes après l’intervention.
Extinction Rebellion présente cette méthode comme une action de désobéissance civile. Le mouvement défend régulièrement des opérations non violentes pour attirer l’attention sur l’urgence écologique.
Une perquisition plusieurs mois après les faits
La LDH pointe surtout la réponse pénale engagée après cette action. Selon son communiqué, quatre policiers se sont présentés au domicile de la militante à 6 h du matin, plusieurs mois après les faits.
Les agents étaient armés et portaient des gilets pare-balles. Ils ont fouillé sa chambre et son bureau afin de rechercher des éléments liés à l’action, notamment les vêtements portés ce jour-là.
L’ordinateur de la militante a aussi été saisi. La LDH estime que cette intervention illustre une disproportion entre les faits reprochés et les moyens employés.
Une relaxe pour les dégradations
Le 4 juin 2026, la militante comparaît devant le tribunal correctionnel de Nantes. Elle est poursuivie pour dégradations, dépôt de liquide insalubre et refus de se soumettre à des prélèvements.
À l’audience, elle reconnaît avoir déposé des gouttes d’un liquide composé notamment d’huile essentielle d’ail et d’acide butyrique dans un seul magasin.
Le tribunal la relaxe des faits de dégradation et de dépôt de liquide insalubre. Les demandes de dommages et intérêts des magasins, supérieures à 20 000 euros selon la LDH, sont donc rejetées.
En revanche, elle est condamnée à deux amendes de 250 euros avec sursis pour refus de prélèvement ADN et refus de prise d’empreintes.
Le refus d’ADN et d’empreintes reste une infraction distincte
Le dossier rappelle un point juridique important. Le refus d’un prélèvement biologique peut être poursuivi séparément des faits initiaux.
Le Code de procédure pénale encadre ces prélèvements dans le cadre du fichier national automatisé des empreintes génétiques. Le refus peut entraîner des poursuites, même lorsque la personne est ensuite relaxée sur les faits principaux.
C’est précisément ce que conteste la LDH dans ce dossier. Pour l’association, la relaxe sur les faits principaux renforce la question de la proportionnalité des demandes de prélèvements.
La LDH évoque une procédure-bâillon
Dans son communiqué, la Ligue des droits de l’Homme replace cette affaire dans un contexte plus large. Elle dénonce une tendance à poursuivre les militants écologistes, y compris lorsque les dommages matériels apparaissent faibles ou contestés.
L’association parle de procédures-bâillons. Selon elle, ces poursuites peuvent décourager les militants et épuiser les collectifs engagés dans des actions de défense de l’environnement.
La LDH cite aussi un autre dossier nantais. Un militant de Dernière Rénovation avait été poursuivi après des jets de peinture à l’eau sur les marches de la préfecture de Loire-Atlantique.
Un débat national sur la fast-fashion
Cette affaire intervient alors que la fast-fashion fait l’objet d’un débat législatif en France. Une proposition de loi vise à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile.
Le texte prévoit notamment de mieux définir l’ultra fast-fashion, d’informer les consommateurs et de créer un malus financier pour les entreprises concernées.
Pour les militants écologistes, ce débat confirme l’importance du sujet. Pour la LDH, il ne justifie pas pour autant une réponse judiciaire qu’elle juge excessive face à une action symbolique.
Une question sur les priorités de police et de justice
La Ligue des droits de l’Homme interroge désormais les priorités de l’État. Elle met en regard les moyens déployés dans ce dossier avec les difficultés rencontrées par la justice sur d’autres contentieux.
L’association demande un débat démocratique sur l’affectation des moyens de police et de justice. Elle souhaite aussi que les libertés publiques restent protégées dans le traitement des mobilisations sociales et écologistes.
À Nantes, cette affaire alimente donc un débat plus large. Elle pose la question de l’équilibre entre maintien de l’ordre, poursuites pénales et liberté d’expression militante.
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