Le syndicat Force ouvrière (FO) du CHU de Nantes tire la sonnette d’alarme sur la prise en charge aux urgences psychiatriques. Dans une lettre datée du 15 octobre 2026, adressée à la direction de l’hôpital et à l’Agence régionale de santé (ARS), l’organisation fait état de délais d’attente particulièrement longs et évoque deux tentatives de suicide récentes. Ces éléments sont rapportés par le syndicat et appellent des réponses sur les conditions d’accueil et la sécurité des patients.
Des attentes qui pourraient atteindre plusieurs jours, selon FO
Dans son courrier, FO dénonce des périodes d’attente qui pourraient atteindre 200 heures pour certaines situations. Ce chiffre représente plus de huit jours. Il s’agit d’une durée maximale avancée par le syndicat, et non d’une moyenne établie pour l’ensemble des patients.
Le syndicat mentionne également deux tentatives de suicide survenues récemment dans le contexte de la prise en charge psychiatrique. Les circonstances médicales et les situations individuelles n’ont pas vocation à être exposées publiquement. La question essentielle reste celle de la prévention des risques, de la surveillance adaptée aux besoins de chaque patient et des moyens dont disposent les équipes pour assurer cette mission.
FO demande une réaction de la direction du CHU et de l’ARS. À ce stade, les éléments diffusés ne permettent pas d’établir de manière indépendante toutes les durées d’attente ni les circonstances précises des incidents évoqués.
Ce que font les urgences psychiatriques du CHU de Nantes
Implanté sur le site de l’Hôtel-Dieu, au 9 quai Moncousu, le service des urgences psychiatriques du CHU de Nantes accueille des personnes en souffrance psychique nécessitant une réponse rapide. L’établissement annonce une activité d’environ 9 000 consultations et avis chaque année.
Ce service intervient dans l’évaluation de la situation, la stabilisation de la crise et la recherche d’une orientation adaptée. Les professionnels doivent déterminer si un suivi ambulatoire peut être organisé ou si une hospitalisation est nécessaire. Une urgence psychiatrique peut concerner une forte détresse, un risque de passage à l’acte, une décompensation d’un trouble connu ou une première manifestation de souffrance aiguë.
Le fonctionnement ne dépend donc pas seulement des équipes présentes aux urgences. Il nécessite aussi des solutions après l’évaluation, notamment des lits d’hospitalisation et des structures de soins disponibles pour prendre le relais.
Pourquoi une attente en psychiatrie peut-elle être particulièrement difficile ?
Un patient peut avoir besoin d’un environnement calme, d’une surveillance rapprochée et d’un accompagnement régulier. Plus l’attente se prolonge, plus l’organisation du service se complique : les équipes doivent répondre aux nouvelles arrivées tout en continuant à surveiller les personnes présentes.
L’urgence psychiatrique se distingue également d’une consultation programmée. Les troubles peuvent évoluer rapidement et la qualité de l’écoute fait partie intégrante des soins. Une situation de tension hospitalière demande donc des réponses sur les effectifs, les locaux, le suivi et l’accès aux structures d’aval.
Il serait toutefois inexact d’attribuer automatiquement chaque délai à une seule cause. Les difficultés peuvent résulter de plusieurs facteurs, dont le manque de places, les flux de patients et les conditions d’organisation. Seul un bilan précis de l’établissement peut permettre d’en mesurer la répartition.
Quelles réponses sont attendues ?
La direction du CHU et l’ARS sont sollicitées pour apporter des solutions aux difficultés dénoncées. Les sujets à examiner portent notamment sur la sécurité des patients en attente, les possibilités d’hospitalisation, la coordination avec les autres établissements et les moyens humains nécessaires.
Une autre question concerne le suivi des événements indésirables : lorsqu’un incident grave est signalé, il faut comprendre les conditions dans lesquelles il a eu lieu et mettre en œuvre les mesures de prévention adaptées. Cette démarche est distincte de l’attribution publique de responsabilités individuelles.
La situation des urgences psychiatriques s’inscrit dans un débat plus large sur l’accès aux soins de santé mentale en Loire-Atlantique, déjà soulevé par des organisations professionnelles lors des années précédentes.
Où se tourner en cas de détresse psychique ?
Les urgences psychiatriques du CHU sont annoncées accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sans rendez-vous, dans le cadre du dispositif d’accès aux urgences régulé la nuit. Pour connaître les modalités d’accès en vigueur, les patients peuvent consulter les informations officielles de l’établissement ou contacter les secours en situation d’urgence.
- Danger immédiat ou urgence médicale : appeler le 15 ou le 112.
- Prévention du suicide : le 3114 est le numéro national gratuit d’écoute, disponible jour et nuit.
- Service : urgences psychiatriques du CHU de Nantes, site Hôtel-Dieu, 9 quai Moncousu.
Le CHU de Nantes présente son service d’urgences psychiatriques et ses modalités d’accueil. L’alerte syndicale remet au premier plan un enjeu essentiel : pouvoir recevoir rapidement et en sécurité les personnes en souffrance psychique.
Photographie : Adam Bishop / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — cadrage adapté.
Dernière étape : indique ton email puis clique sur « Envoyer » pour transmettre ton avis à la rédaction.
S’abonner à Infos Média Nantes
Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.




