Fnac, Foot Locker, Uniqlo, Happy Cash : plusieurs magasins du centre-ville de Nantes ont été pillés samedi 17 octobre 2026, en marge d’une journée de manifestations qui a réuni 20 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur. L’enseigne Courir figure également parmi les commerces visés. La préfecture de Loire-Atlantique a annoncé 31 interpellations à Nantes, tandis que des dégradations ont touché des bâtiments publics.
Les incidents se sont intensifiés en fin d’après-midi, notamment autour de la place du Commerce. D’autres commerces et bureaux de tabac ont été cités dans des signalements locaux. Certains pillages sont établis par la préfecture ou documentés en images ; pour d’autres enseignes, la nature exacte des dommages reste à préciser.
Fnac, Foot Locker, Uniqlo, Happy Cash et Courir : les commerces dont l’attaque est documentée
La place du Commerce et ses abords ont été particulièrement touchés. Le communiqué du préfet de Loire-Atlantique cite explicitement quatre enseignes dévalisées ou pillées : la Fnac, Foot Locker, Uniqlo et Happy Cash. L’Agence France-Presse mentionne également Courir parmi les magasins visés à Nantes.
- Fnac, place du Commerce : des individus masqués sont entrés dans le magasin malgré sa fermeture en fin d’après-midi. Des appareils électroniques, notamment des tablettes, ont été emportés. Des images montrent des produits sortis de la boutique et distribués à l’extérieur. Un feu a également été allumé devant l’établissement.
- Foot Locker, place du Commerce : des personnes ont pénétré dans l’enseigne de chaussures et de vêtements de sport. Des boîtes de chaussures ont été lancées depuis un étage, alors que des articles étaient emportés.
- Uniqlo : le magasin de vêtements a été dévalisé malgré les protections de sa devanture. Des images diffusées au cours de la soirée documentent cette intrusion.
- Happy Cash, place du Commerce : cette boutique d’achat et de revente de produits d’occasion a subi un pillage et un début d’incendie. Son gérant a témoigné le lendemain des événements auprès de la presse locale.
- Courir : l’enseigne de chaussures de sport est citée par l’AFP parmi les commerces pris pour cible à Nantes. Le détail des dommages et des éventuels vols dans ce magasin n’est pas encore précisé.
La Fnac, située dans l’ancien Palais de la Bourse, a été prise pour cible peu avant 18 h d’après les témoignages recueillis sur place. Les vidéos de la soirée montrent également les interventions des forces de l’ordre aux alentours de la place du Commerce. Pour les cinq enseignes citées, aucun montant consolidé des pertes n’a été communiqué.
The North Face, Micromania, Sephora, Galeries Lafayette… d’autres magasins signalés
La liste des commerces potentiellement touchés pourrait être plus longue. Des informations recueillies samedi soir par le média local Sorties à Nantes font également état de dégradations ou de pillages concernant les enseignes suivantes :
- The North Face, spécialisée dans les vêtements et équipements de plein air ;
- Foot Corner, enseigne de vêtements et d’articles de sport ;
- Micromania, spécialisée dans les jeux vidéo ;
- SFR, dans la téléphonie ;
- Galeries Lafayette, grand magasin du centre-ville ;
- Prieur, maison d’horlogerie et joaillerie, détaillant officiel Rolex rue d’Orléans ;
- Cash Express, spécialisé dans l’achat et la vente d’articles d’occasion ;
- Sephora, enseigne de parfumerie et de cosmétiques ;
- Foncia, agence immobilière.
Ces neuf noms proviennent de signalements qui demandent encore à être recoupés individuellement. Il n’est donc pas possible d’affirmer que chacun de ces établissements a été pillé : il peut s’agir, selon les cas, de vitrines endommagées, de tentatives d’intrusion ou de vols. Le bilan précis doit encore être établi commerce par commerce.
Deux bureaux de tabac également cités, dont un possible incendie
Deux autres établissements figurent parmi les signalements recueillis dans le centre-ville. Au tabac La Coquille, un incendie a été rapporté. Dans le quartier Graslin, un autre bureau de tabac aurait été visé à l’aide d’un scooter utilisé comme bélier contre son accès.
Ces deux situations restent à confirmer dans leur déroulement et leur ampleur. Elles s’ajoutent aux nombreux dommages signalés dans les rues commerçantes, sans que l’on puisse encore dresser une liste exhaustive des établissements concernés.
Comment les manifestations ont-elles évolué au cours de la journée ?
Trois points de départ avaient été annoncés samedi en début d’après-midi : la place Bretagne, le Miroir d’eau et la croisée des tramways. Les cortèges devaient ensuite converger vers la place Foch. La Ligue des droits de l’Homme de Nantes avait notamment relayé un rendez-vous à 14 h, dans le prolongement de la mobilisation lycéenne et étudiante.
Le mouvement rassemblait des revendications diverses : coût de la vie, pouvoir d’achat, moyens consacrés à l’éducation et fonctionnement des services publics. Des salariés, étudiants, lycéens et personnes mobilisées autour de ces questions ont participé à la journée. Les rassemblements annoncés à Nantes et Saint-Nazaire faisaient partie de cette mobilisation plus large.
Des affrontements ont débuté dans l’après-midi, avec des jets de projectiles et d’artifices et des tirs de gaz lacrymogènes. Plusieurs groupes ont ensuite continué à circuler dans le centre-ville. Les violences contre les commerces ont surtout marqué la fin d’après-midi et le début de soirée, lorsque la situation s’est dégradée dans le secteur de Commerce.
Le préfet Laurent Hottiaux a évoqué la présence de plus d’un millier de casseurs mêlés aux cortèges et l’intervention de personnes venues commettre des vols dans les magasins. Les faits de pillage ne résument cependant pas la participation de l’ensemble des personnes ayant manifesté au cours de la journée.
Hôtel de ville, préfecture et rues commerçantes également touchés
Les commerces n’ont pas été les seules cibles. L’hôtel de ville de Nantes a subi une tentative d’effraction et d’intrusion dans son hall d’accueil. Des vitres ont été brisées et des ordinateurs ainsi que du mobilier ont été endommagés. La préfecture fait également état d’attaques visant ses bâtiments.
Dans plusieurs secteurs du centre, les affrontements, les feux et les opérations de sécurisation ont compliqué les déplacements. Le réseau de tramway et certaines lignes de bus ont connu des perturbations liées aux rassemblements et aux interventions.
À Saint-Nazaire, la journée a suivi un déroulement distinct, avec une manifestation partie de la place de l’Amérique-Latine, puis des tensions, notamment près du centre commercial Ruban Bleu. La préfecture a aussi signalé des vitres brisées au commissariat de la ville.
31 interpellations à Nantes : quel bilan après les violences ?
La préfecture a communiqué un bilan de 31 interpellations à Nantes pour les événements du samedi. Le ministère de l’Intérieur a décompté 20 000 manifestants dans la ville. À l’échelle nationale, il a recensé 550 000 participants, contre environ 800 000 selon les organisateurs.
Le bilan matériel nantais reste à compléter. Les commerces concernés doivent notamment évaluer les marchandises manquantes, l’état des vitrines, des systèmes de fermeture et des équipements. Pour certains établissements, les dégâts pourraient également perturber la réouverture et le travail des équipes.
La maire de Nantes, Johanna Rolland, a condamné les violences commises contre les commerces, la mairie et les bâtiments publics. Dans une déclaration diffusée dimanche 18 octobre, elle a annoncé sa volonté de rencontrer prochainement les commerçants et les associations touchés pour organiser un soutien concret de la Ville de Nantes. Elle a également distingué les revendications exprimées pacifiquement dans la journée des actes de destruction commis en marge des rassemblements.
Commerçants touchés : témoignages, réparations et reprise d’activité
Au lendemain des pillages, les premières images des boutiques endommagées et les témoignages des professionnels montrent l’ampleur des difficultés pour les établissements concernés. Le gérant d’Happy Cash, place du Commerce, a notamment témoigné devant la presse locale dimanche matin après le saccage de son commerce. Les pertes ne se limitent pas aux marchandises dérobées : les équipements cassés, les vitrines, le nettoyage, les opérations de sécurisation et les jours de fermeture éventuels comptent aussi dans la reprise de l’activité.
La rencontre annoncée par la maire devra permettre de préciser la nature du soutien municipal. À ce stade, aucun montant d’aide ni calendrier de réouverture commun aux commerces n’a été rendu public. Chaque magasin doit évaluer sa situation, selon l’étendue des dommages et les possibilités de remise en service des locaux. L’organisation professionnelle Umih a également alerté, dimanche 18 octobre, sur les conséquences de ces dégradations pour les commerçants, les restaurateurs, leurs salariés et leurs clients.
La situation du centre-ville dépend désormais des opérations de nettoyage, de réparation et de sécurisation. L’ampleur totale des pillages, le nombre exact de commerces touchés et leur calendrier de réouverture pourront être précisés à mesure que les établissements dresseront leur propre bilan.
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