Nantes : le CHU traite des nodules thyroïdiens bénins sans chirurgie classique

Le CHU Hôtel-Dieu de Nantes photographié depuis les berges de la Loire, avec le pont Haudaudine
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mercredi 14 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Le CHU de Nantes développe une alternative à l’opération classique pour certains nodules bénins de la thyroïde. Depuis le lancement de cette activité au printemps 2025, 35 patients ont bénéficié d’une thermoablation par radiofréquence. L’établissement a présenté ce dispositif le 15 octobre 2026. Il s’adresse à des personnes dont le nodule provoque une gêne, sans nécessiter systématiquement l’ablation d’une partie de la glande.

Pourquoi certains nodules doivent être traités

La thyroïde, située à la base du cou, produit des hormones essentielles au fonctionnement de l’organisme. Un nodule est une masse qui se développe dans cette glande. Beaucoup restent sans conséquence et ne nécessitent qu’une surveillance. En revanche, certains augmentent de volume et entraînent une sensation de compression, une gêne pour avaler ou une modification de l’apparence du cou.

Le caractère bénin du nodule doit être établi dans le cadre du bilan médical. La radiofréquence ne constitue pas un traitement universel des anomalies thyroïdiennes. Lorsqu’une suspicion de cancer existe, ou lorsque d’autres critères médicaux le justifient, la chirurgie conserve toute sa place.

Une aiguille guidée par échographie, sous anesthésie locale

La thermoablation repose sur une intervention ciblée. Le médecin introduit une électrode fine dans le nodule, à travers la peau, sous contrôle échographique. Un courant électrique de haute fréquence produit de la chaleur dans la zone traitée. Cette chaleur détruit une partie du tissu nodulaire, dont le volume doit ensuite diminuer progressivement.

Au CHU de Nantes, le traitement s’effectue sous anesthésie locale. Il n’impose pas l’incision cervicale d’une chirurgie thyroïdienne classique. L’objectif est donc de soulager la gêne en préservant autant que possible la glande et sa fonction hormonale. L’absence de cicatrice visible au niveau du cou constitue également un avantage pour certains patients.

35 patients déjà traités à Nantes

La filière nantaise a commencé à se structurer fin avril 2025. Un premier patient a reçu ce traitement en mai de la même année. Au 15 octobre 2026, le CHU recense 35 patients traités et indique prendre actuellement en charge une à deux personnes chaque semaine.

Cette activité associe des endocrinologues, des chirurgiens et des radiologues interventionnels. Chaque spécialité intervient dans la sélection des patients, le choix du traitement ou son suivi. Une concertation permet d’éviter de proposer la technique à une personne pour laquelle elle serait inadaptée.

Quels contrôles après l’intervention ?

Contrairement à l’ablation chirurgicale, le résultat n’est pas instantané : le nodule réduit progressivement de volume. Le CHU organise des contrôles médicaux et échographiques à six mois, à un an, puis à deux ans. Ce suivi sert à mesurer le résultat, l’évolution des symptômes et la bonne conservation de la fonction thyroïdienne.

Le traitement peut réduire une gêne fonctionnelle, mais son efficacité varie selon les caractéristiques du nodule et la réponse individuelle. Il ne garantit ni disparition complète de celui-ci ni absence de contrôle ultérieur.

Comment savoir si cette solution est envisageable ?

Une personne suivie pour un nodule thyroïdien gênant peut en parler avec son médecin ou son endocrinologue. Le bilan déjà réalisé, l’échographie et, selon les cas, les examens cytologiques servent à orienter la discussion. Il ne faut pas interrompre un suivi en cours au seul motif qu’une nouvelle technique existe.

Le CHU explique le fonctionnement de la thermoablation et ses indications dans une présentation dédiée. Son communiqué du 15 octobre 2026 précise également l’organisation de la nouvelle filière.

Sources : CHU de Nantes, communiqué et fiche d’information médicale consultés le 16 octobre 2026. Photo : vue du CHU Hôtel-Dieu de Nantes depuis la Loire, Guilhem Vellut / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0. Recadrage 1600 × 629 ; il s’agit d’une photographie extérieure de 2012 et non de la nouvelle intervention.

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