Saint-Nazaire : un dépistage gratuit du plomb et de l’arsenic proposé à Méan-Penhoët

Le port de Méan dans le quartier de Méan-Penhoët à Saint-Nazaire
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mercredi 14 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Dans le quartier de Méan-Penhoët, à Saint-Nazaire, les analyses de sols réalisées en 2026 débouchent sur une nouvelle étape sanitaire. Du 19 octobre au 28 novembre, une campagne de dépistage gratuite et volontaire doit permettre aux habitants concernés de connaître leur exposition au plomb et à l’arsenic. L’opération mobilise l’Agence régionale de santé (ARS) Pays de la Loire, l’Assurance Maladie et les collectivités du bassin nazairien.

Pourquoi le quartier de Méan-Penhoët est-il concerné ?

Les mesures menées entre mai et juillet 2026 ont porté sur 200 espaces publics et 115 terrains privés dans le bassin industriel de Saint-Nazaire. Les chercheurs et spécialistes ont recherché plusieurs métaux, parmi lesquels le plomb, l’arsenic, le cuivre et le nickel. Dans les jardins privés analysés à Méan-Penhoët, 58 % des parcelles dépassent le seuil de gestion sanitaire retenu pour le plomb et 24 % pour l’arsenic. Ces pourcentages concernent les terrains étudiés, pas tous les jardins du quartier.

La partie sud de Méan-Penhoët apparaît particulièrement concernée. Les pouvoirs publics examinent notamment la piste de pollutions anciennes et de remblais historiques. Une teneur élevée dans un sol ne signifie toutefois pas automatiquement qu’une personne présente une concentration élevée dans son organisme. La façon dont les habitants utilisent le jardin, la fréquence du contact avec la terre et leur alimentation jouent également un rôle.

À qui s’adresse la campagne de dépistage ?

La priorité va aux enfants de six mois à six ans inclus, aux femmes enceintes et à celles ayant un projet de grossesse dans les six prochains mois. D’autres personnes peuvent être concernées : adultes ou enfants qui portent fréquemment leurs mains à la bouche, jardiniers en contact régulier avec le sol, et habitants consommant une grande part des légumes cultivés dans leur potager.

Chez l’enfant, l’exposition au plomb peut avoir des conséquences sur le développement neurologique. Pour l’arsenic, les effets sanitaires dépendent notamment de la dose et de la durée d’exposition. Le dépistage sert précisément à évaluer la situation individuelle et à décider, si nécessaire, d’un accompagnement médical.

Comment se déroulent les analyses ?

Le plomb est recherché par prise de sang et l’arsenic par analyse d’urine. Les habitants éligibles peuvent se présenter dans un laboratoire d’analyses médicales participant à la campagne, avec ou sans rendez-vous. Ils doivent apporter le courriel d’information reçu de l’Assurance Maladie, leur carte Vitale et le questionnaire sanitaire de l’ARS préalablement rempli.

Il n’est pas nécessaire d’être à jeun ni de recueillir les premières urines du matin. En revanche, il est recommandé d’éviter les produits de la mer pendant les trois jours précédant le prélèvement, car certains composés peuvent perturber l’interprétation de l’analyse urinaire. Aucun frais n’est à avancer : les analyses sont prises en charge dans le cadre de la campagne.

Les résultats sont communiqués à la personne concernée, à son médecin et à l’ARS dans le respect de la confidentialité médicale. Si une valeur dépasse les références utilisées, un professionnel de santé peut proposer un suivi adapté. Les habitants du quartier qui n’ont pas reçu le message de l’Assurance Maladie peuvent écrire à ars-pdl-se@ars.sante.fr.

Quels gestes adopter dans les jardins ?

Après un travail de jardinage, le lavage soigneux des mains reste essentiel. Il est également conseillé de nettoyer les jouets utilisés dehors, de retirer les chaussures avant de rentrer et de limiter les poussières de terre. Les légumes du potager doivent être lavés avec soin ; les racines et tubercules peuvent être épluchés. Diversifier la provenance de son alimentation réduit aussi la dépendance à une seule parcelle.

En présence d’une pollution confirmée, les recommandations peuvent aller plus loin : culture en bacs contenant de la terre saine plutôt qu’en pleine terre, couverture des sols nus ou précautions concernant les animaux élevés à l’extérieur. Chaque situation doit être appréciée selon les résultats des analyses. Le dépistage proposé jusqu’au 28 novembre constitue une réponse sanitaire concrète aux interrogations des familles de Méan-Penhoët.

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