Vendée : pourquoi les criées des Sables-d’Olonne et de L’Herbaudière doivent revoir leur modèle économique

Port et quai des Sables-d'Olonne avec un chalutier traditionnel au bord du chenal
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mardi 20 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Les deux grandes halles à marée vendéennes font l’objet de recommandations financières. Dans un rapport publié fin septembre 2026, la chambre régionale des comptes Pays de la Loire examine la gestion des criées des Sables-d’Olonne et de L’Herbaudière, sur l’île de Noirmoutier. Malgré leur importance économique pour la pêche, leur fonctionnement actuel peine à atteindre l’équilibre financier.

Deux criées essentielles aux ports de pêche vendéens

Les halles à marée constituent une étape décisive entre l’arrivée des bateaux et la commercialisation des captures. Les produits débarqués sont triés, identifiés et mis en vente auprès des acheteurs professionnels, dans un cadre qui contribue à leur traçabilité. Le fonctionnement de cette chaîne conditionne les revenus des pêcheurs, la logistique des mareyeurs et la disponibilité de poissons locaux.

Aux Sables-d’Olonne, les volumes sont particulièrement importants. La chambre régionale des comptes indique que la criée a traité 5 341 tonnes en 2024, ce qui la situe au premier rang régional pour les tonnages. La criée de L’Herbaudière fonctionne avec des quantités différentes, mais la valeur de certaines espèces commercialisées, notamment la sole et le bar, confère aux deux installations un poids économique significatif.

Qui gère ces halles à marée ?

Le Département de la Vendée est l’autorité compétente et confie l’exploitation à la Chambre de commerce et d’industrie de la Vendée, dans le cadre d’une délégation de service public. La CCI assure ainsi une activité qui ne se réduit pas à une simple vente de poissons : elle mobilise des bâtiments, des équipements, des personnels, des services techniques et une organisation adaptée aux horaires de la pêche.

Ce fonctionnement coûte de l’argent, même lorsque les volumes débarqués diminuent. La concurrence d’autres circuits de commercialisation et les évolutions de la flotte peuvent fragiliser des installations dont les charges restent importantes.

Pourquoi des ventes importantes ne garantissent-elles pas la rentabilité ?

Le rapport souligne un paradoxe : les deux criées vendent des produits à forte valeur, mais leur modèle financier reste déficitaire. Les recettes tirées de l’activité ne suffisent pas toujours à couvrir les dépenses de fonctionnement, les investissements et l’entretien des installations.

Une criée peut donc afficher un chiffre d’affaires élevé sans dégager un résultat positif. Il faut distinguer la valeur totale des poissons qui y transitent des recettes réellement perçues par son exploitant au titre des services rendus. Cette nuance aide à comprendre les difficultés évoquées par les magistrats financiers.

Ce que recommande la chambre régionale des comptes

L’institution invite le gestionnaire et l’autorité délégante à repenser l’équilibre économique des halles à marée. Cela suppose d’examiner les tarifs, les coûts d’exploitation, les investissements nécessaires et la manière dont les services sont organisés entre les différents acteurs de la filière.

Une évolution de ce modèle doit tenir compte des réalités des ports vendéens : horaires de débarquement, diversité des métiers, espèces pêchées et capacité des entreprises de mareyage à absorber de nouveaux coûts. L’enjeu n’est pas seulement comptable. Il concerne aussi l’attractivité de la pêche artisanale et la continuité d’un circuit local de commercialisation.

Des enjeux pour toute la filière maritime locale

Le maintien de halles à marée performantes intéresse bien au-delà des équipages. Criées, transporteurs, grossistes, poissonneries, restaurants et emplois portuaires participent à une même chaîne économique. Des changements mal calibrés pourraient se répercuter sur plusieurs maillons de cette activité.

À l’inverse, une organisation financièrement plus robuste pourrait permettre de mieux entretenir les équipements et de sécuriser les services nécessaires à la mise en marché des captures. La publication du rapport ouvre donc un travail de fond sur le devenir de deux équipements stratégiques de Vendée.

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