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Une semaine après la mort d’un adolescent de 15 ans à Nantes, Johanna Rolland hausse de nouveau le ton face au narcotrafic. Dans un entretien accordé à Ouest-France, la maire socialiste appelle à renforcer les moyens d’enquête, de prévention et de renseignement.
Le drame s’est produit le jeudi 14 mai 2026, rue de Pornichet, dans le quartier de Port-Boyer. Un adolescent a été tué par balle. Deux autres mineurs ont été blessés. Le parquet a évoqué un règlement de comptes sur fond de narcotrafic.
La maire de Nantes défend une réponse plus structurée. Elle demande notamment la création d’un service de renseignement dédié au narcotrafic, sur le modèle des outils développés contre le terrorisme.
Un appel à mieux remonter les filières
Dans cet entretien, Johanna Rolland insiste sur la nécessité de cibler les réseaux, leurs circuits financiers et leurs donneurs d’ordre. Pour elle, la seule présence policière sur les points de deal ne suffit pas à enrayer durablement le phénomène.
La maire réclame donc davantage de moyens pour l’investigation. Elle plaide aussi pour un travail de renseignement capable d’identifier les organisations, leurs relais et leurs flux d’argent.
Cette position s’inscrit dans une ligne déjà défendue par Johanna Rolland et France urbaine. Dès 2023, la présidente de l’association des grandes villes appelait à frapper les trafiquants « au portefeuille » et à agir plus en amont.
Le parquet national existe, mais les demandes continuent
Johanna Rolland reconnaît que des avancées ont eu lieu au niveau national. La loi du 13 juin 2025 a créé le Parquet national anticriminalité organisée, chargé de coordonner les dossiers les plus sensibles liés au narcotrafic et à la criminalité organisée.
Ce parquet spécialisé est entré en fonction le 5 janvier 2026. Il constitue l’un des principaux outils judiciaires de la nouvelle stratégie nationale.
Mais, pour la maire de Nantes, cette étape ne règle pas tout. Les fusillades récentes montrent selon elle que les villes restent exposées à des réseaux très organisés, capables de recruter des mineurs et d’imposer la violence dans les quartiers.
Prévention, enquête et présence dans les quartiers
La réponse attendue ne concerne pas uniquement la police ou la justice. Johanna Rolland demande aussi plus de prévention dans les quartiers. L’enjeu est d’éviter que des adolescents deviennent des guetteurs, des vendeurs ou des cibles dans des conflits liés au trafic.
Après la fusillade de Port-Boyer, la Ville de Nantes a mis en place des dispositifs d’écoute et de soutien pour les habitants. Des renforts immédiats et pérennes ont aussi été demandés à l’État.
La maire défend une approche combinée. Elle veut une action judiciaire plus forte contre les têtes de réseau, une présence publique renforcée et un accompagnement social capable de protéger les plus jeunes.
Un sujet central pour Nantes
Le narcotrafic reste l’un des dossiers les plus sensibles du mandat municipal. Les tirs mortels, les règlements de comptes et l’implication de mineurs nourrissent l’inquiétude dans plusieurs quartiers.
Pour Johanna Rolland, la lutte doit dépasser l’échelle locale. Elle appelle à une mobilisation nationale, avec des outils comparables à ceux déployés contre les menaces les plus structurées.
À Nantes, le décès du jeune de 15 ans relance donc un débat déjà ancien : comment protéger les habitants, démanteler les réseaux et empêcher le narcotrafic de continuer à fragiliser les quartiers populaires.
Les informations pratiques sur les dispositifs de soutien après la fusillade de Port-Boyer sont disponibles sur le site de Nantes Métropole.
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