Exposition « Sorcières » au Château des ducs de Bretagne : une traversée historique et sensible

Fête du jour

Chargement…

Citation du jour

Chargement…

Événement du jour

Chargement…

Le Château des ducs de Bretagne – Musée d’histoire de Nantes ouvre au public, ce samedi 7 février 2026, la grande exposition Sorcières. Pensée comme un parcours chronologique et thématique, elle revisite une figure populaire longtemps associée à la peur et à la persécution. Surtout, elle éclaire ce que l’on croit savoir, tout en révélant ce que l’histoire a souvent occulté.

Une exposition entre histoire, mémoire et imaginaire

Dès l’entrée, le visiteur est plongé dans un dispositif immersif mêlant scénographie, archives et oeuvres patrimoniales. L’exposition retrace l’évolution de la figure de la sorcière depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Elle croise ainsi les dimensions historiques, sociales et culturelles qui ont façonné cette représentation.

En outre, le parcours interroge la manière dont les croyances, les peurs collectives et les rapports de pouvoir ont construit cette figure. L’objectif n’est pas seulement de raconter une histoire. Il s’agit aussi de questionner notre regard contemporain sur ces enjeux.

Le parcours s’ouvre sur les magiciennes de l’Antiquité, telles qu’elles apparaissent dans les textes et les représentations de l’époque. À ce moment-là, leurs rites et pratiques étaient connus et décrits, loin de l’image démoniaque qui s’imposera plus tard. Cette première étape permet donc de comprendre comment les perceptions ont progressivement basculé.

Des procès médiévaux aux grandes chasses aux sorcières

Ensuite, l’itinéraire conduit vers les périodes les plus sombres du Moyen Âge et de l’Époque moderne. L’exposition documente les procès inquisitoriaux et l’intensification des chasses aux sorcières aux 16e et 17e siècles. Manuscrits anciens, gravures et objets de culte témoignent de cette violence institutionnelle.

Par ailleurs, cette partie met en évidence le rôle de la peur, de la rumeur et des autorités religieuses et judiciaires. Elle montre comment la figure de la sorcière s’est progressivement cristallisée autour de stéréotypes souvent liés aux femmes.

Enfin, le parcours aborde la décriminalisation progressive des pratiques occultes. Peu à peu, la sorcière cesse d’être une figure criminelle. Aujourd’hui, elle est même réinvestie comme symbole d’émancipation, de savoir et de puissance.

180 oeuvres et dispositifs multimédias

Au total, près de 180 oeuvres et objets jalonnent l’exposition : peintures, gravures, manuscrits anciens et objets liés aux pratiques occultes. Ces pièces proviennent de grandes institutions françaises et européennes.

En complément, des films, des témoignages, des cartes animées et un environnement sonore accompagnent la visite. Ce sound design plonge le public dans une atmosphère à la fois sensible et documentaire.

Ainsi, le parcours oscille entre histoire réelle et imaginaire collectif. Il invite le visiteur à réfléchir sur la construction des représentations et sur les mécanismes de domination et d’oubli.

Un regard scientifique porté par Krystel Gualdé

L’exposition est placée sous la direction scientifique de Krystel Gualdé, directrice du musée d’histoire de Nantes et commissaire de l’exposition. Elle défend une approche rigoureuse, mais accessible au plus grand nombre.

À travers ce parcours, Sorcières propose un regard critique et salutaire sur une époque marquée par la peur et la persécution. Elle met aussi en lumière des enjeux toujours actuels : genre, corps, sexualité, domination, manipulation et mémoire.

L’exposition est à découvrir au Château des ducs de Bretagne, à Nantes. Toutes les informations pratiques sont disponibles sur le site officiel du musée : chateaunantes.fr/exposition-sorcieres.

Mini-jeu IMN : retrouve les mots cachés de Sorcières

Mots trouvés : 0 / 10

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.