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Le débat autour du futur centre de rétention administrative de Nantes franchit un nouveau cap politique. Le préfet de Loire-Atlantique, Fabrice Rigoulet-Roze, a adressé un courrier à Marie Vitoux, élue écologiste nantaise, après ses prises de position contre le projet porté par l’État.
Dans cette lettre datée du 18 mai, le représentant de l’État conteste les termes employés par l’élue, notamment la qualification de « projet raciste » appliquée au futur CRA. Il dénonce aussi le soutien exprimé à des actions de « désobéissance civile » menées contre des acteurs liés au chantier.
Un courrier préfectoral après des déclarations très contestées
Marie Vitoux, adjointe à la maire de Nantes et vice-présidente de Nantes Métropole, fait partie des opposants les plus visibles au futur centre de rétention administrative. Selon la fiche officielle de la Ville de Nantes, elle est chargée de l’adaptation au dérèglement climatique, du climat, de l’énergie, des bâtiments, des risques et des crises.
Ses déclarations interviennent dans un climat déjà tendu autour du projet. Dans son courrier, Fabrice Rigoulet-Roze estime que les mots employés mettent directement en cause les représentants de l’État. Il rejette l’amalgame entre politique d’éloignement des étrangers en situation irrégulière et racisme.
Dans un entretien accordé à Press Océan, l’adjointe écologiste Marie Vitoux qualifie le futur CRA de « projet raciste » et appelle la Ville de Nantes à engager une bataille juridique contre l’État. Un nouvel épisode dans un dossier devenu particulièrement sensible à Nantes.
Le préfet rappelle également que, selon ses services, une partie des personnes placées en rétention par la préfecture sortent de détention après des condamnations graves. Cette précision vise à répondre à l’idée selon laquelle les personnes retenues le seraient seulement pour des motifs administratifs liés aux titres de séjour.
Des dégradations contre une entreprise liée au chantier
La tension s’est aussi déplacée sur le terrain militant. Le 19 avril 2026, une action a visé l’entreprise Léon Grosse, à Saint-Herblain. Les Soulèvements de la Terre et Extinction Rebellion Nantes ont revendiqué une opération contre cette société, présentée comme chargée de la maîtrise d’œuvre du futur CRA.
La façade de l’entreprise a été recouverte de peinture. Le préfet assimile ces faits à des dégradations de biens appartenant à autrui. Dans son courrier, il reproche à Marie Vitoux de cautionner ce type d’action sous l’expression de « désobéissance civile ».
Cette séquence place l’élue écologiste dans une confrontation directe avec la préfecture. Sollicitée après la réception du courrier, elle a maintenu son opposition au centre de rétention administrative, en défendant une lecture politique du dossier.
Un projet soumis à consultation publique
Le futur CRA de Nantes fait actuellement l’objet d’une procédure environnementale. La consultation du public par voie électronique est ouverte du 23 avril au 23 juillet 2026. Elle concerne l’autorisation environnementale nécessaire à la création du centre sur la commune de Nantes.
Selon la Commission nationale des commissaires enquêteurs, cette procédure porte notamment sur la loi sur l’eau et sur une dérogation liée aux espèces et habitats protégés. Ces éléments nourrissent l’opposition d’associations et de collectifs locaux, qui dénoncent l’impact du projet sur une zone humide.
Les centres de rétention administrative sont des lieux fermés destinés à retenir des ressortissants étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. La décision initiale relève de l’administration, puis le juge peut intervenir pour prolonger la mesure.
Un dossier devenu central dans le débat nantais
Prévu pour 2027, le futur CRA de Nantes cristallise plusieurs lignes de fracture. L’État défend un outil de gestion des éloignements. Les opposants dénoncent, eux, une logique d’enfermement administratif et un projet contesté sur le plan environnemental.
Avec la réponse du préfet, le dossier prend désormais une dimension institutionnelle plus forte. Au-delà du débat sur le centre lui-même, la polémique porte aussi sur la place d’une élue locale face à des actions militantes visant un chantier public.
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