Quartier du Breil : verdict du procès après la mort d’Aboubakar Fofana lors d’un contrôle policier

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Près de huit ans après la mort d’Aboubakar Fofana, tué lors d’un contrôle de police dans le quartier du Breil à Nantes, la justice a rendu son verdict. L’ancien CRS poursuivi pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner a été condamné à sept ans de prison ferme, assortis d’une interdiction définitive d’exercer comme fonctionnaire de police et d’une interdiction de port d’arme pendant quinze ans. Son avocat a annoncé faire appel.

Une intervention policière qui vire au drame

Les faits remontent au 3 juillet 2018, vers 20 h, dans le quartier du Breil, à Nantes. Lors d’un contrôle routier, Aboubakar Fofana, âgé de 22 ans, fournit une fausse identité. Il est alors recherché par la police dans une affaire de vol de véhicule.

Selon les éléments versés au dossier, le jeune homme tente de prendre la fuite en effectuant une marche arrière, heurte un autre véhicule, puis redémarre. C’est à ce moment qu’un fonctionnaire de police fait usage de son arme. Touché au cou, Aboubakar Fofana décède quelques heures plus tard à l’hôpital.

Dans l’immédiat, les autorités évoquent la légitime défense, estimant que le conducteur aurait heurté un policier et que le tir serait intervenu dans un contexte de danger. Cette version est toutefois rapidement contestée par de nombreux habitants du quartier et par la famille de la victime.

Colère, émeutes et demande de justice

La mort d’Aboubakar Fofana provoque une vague de colère dans plusieurs quartiers de l’agglomération nantaise. Durant plusieurs nuits, des émeutes éclatent notamment au Breil, à Bellevue, mais aussi à Orvault et à Rezé.

Un an après les faits, une marche blanche est organisée. Pour les proches de la victime, la procédure judiciaire apparaît longue et douloureuse. Le sentiment d’incompréhension s’installe, renforcé par l’attente d’un procès qui tarde à s’ouvrir.

Les proches expriment alors leur volonté que l’affaire ne soit ni oubliée ni minimisée, soulignant que la colère persiste même lorsque les violences urbaines cessent.

Un procès marqué par des versions contradictoires

L’audience s’ouvre finalement le 12 janvier 2026, après près de huit années de procédure. À la barre, l’ancien CRS, aujourd’hui âgé de 59 ans, ne plaide plus la légitime défense mais évoque un accident.

Deux de ses collègues parlent au contraire d’un tir volontaire. Un autre fonctionnaire qualifie même l’intervention de bavure. L’enquêteur de la police judiciaire, de son côté, écarte la thèse accidentelle au vu des expertises balistiques et des éléments matériels.

Les versions divergentes et les conclusions des experts alimentent les doutes de la famille, pour qui ces contradictions constituent un obstacle majeur au processus de deuil.

Une peine plus lourde que les réquisitions

L’ancien CRS encourait jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle. L’avocat général avait requis une peine de quatre ans de prison, dont deux ferme. La cour est finalement allée au-delà de ces réquisitions, prononçant une condamnation à sept ans de prison ferme.

En plus de la peine d’emprisonnement, le tribunal a prononcé une interdiction définitive d’exercer toute fonction de police ainsi qu’une interdiction de port d’arme pendant quinze ans.

L’avocat de l’ancien fonctionnaire a annoncé son intention de faire appel de la décision, prolongeant encore une procédure judiciaire déjà particulièrement longue pour les proches de la victime.

Une affaire toujours sensible à Nantes

Ce dossier reste l’un des plus marquants de ces dernières années à Nantes en matière de relations entre police et population. La durée de l’instruction, la gravité des faits et les tensions qu’ils ont provoquées ont profondément marqué les quartiers concernés.

Pour la famille d’Aboubakar Fofana, le verdict constitue une étape importante, mais le processus judiciaire n’est pas totalement clos tant que l’appel annoncé n’aura pas été jugé.

Sources :

  • Éléments issus du dossier judiciaire et des audiences du procès – janvier 2026
  • Déclarations publiques lors de l’audience et des réactions de la famille
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