Association Asalée : plus de 2 000 infirmiers menacés par la suspension du financement

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Une inquiétude grandissante traverse actuellement l’association Asalée. Créé en 2004, ce dispositif national emploie environ 2 000 infirmiers et infirmières travaillant aux côtés de médecins généralistes afin d’accompagner les patients atteints de maladies chroniques, notamment dans le cadre de l’éducation thérapeutique.

Mais depuis le 1er janvier 2026, le financement assuré jusque-là par l’Assurance maladie a été suspendu. Cette situation met en difficulté l’association et ses salariés, dont les salaires pourraient ne plus être versés dans les prochaines semaines faute de fonds.

Une mobilisation lancée par les professionnels de santé

Plusieurs professionnels de santé se mobilisent aujourd’hui pour alerter sur la situation. Dans une publication relayée sur les réseaux sociaux par une infirmière membre de l’association, le message est clair :

« Nous sommes 2 000 à nous battre pour l’accès aux soins. Nous voulons gagner. Nous avons besoin de votre aide. Aidez-nous à prendre soin de vous. »

Selon ce témoignage, l’association fonctionnait depuis plus de vingt ans grâce au financement de l’Assurance maladie qui permettait de rémunérer les infirmiers intervenant dans les cabinets médicaux. Ces professionnels assurent le suivi des patients atteints de maladies chroniques et les accompagnent dans leur parcours de soins.

Or, depuis la suspension de ce financement, la trésorerie de l’association serait aujourd’hui proche de l’épuisement. Après le versement des salaires de janvier, rendu possible grâce aux dernières réserves disponibles, l’association indique désormais manquer de fonds pour assurer les paiements suivants.

Une crise liée à la suspension du financement par la CNAM

Dans un communiqué publié le 3 mars 2026, les syndicats CFDT Santé-Sociaux et UNSA Santé Sociaux dénoncent une situation jugée « inacceptable » pour les salariés et les patients.

Selon ces organisations syndicales, la crise serait liée à la suspension du financement décidée par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) à la suite d’un manque de conformité de l’association avec certaines recommandations issues d’un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Les syndicats évoquent également des difficultés financières importantes, notamment liées à l’endettement de l’association, ainsi qu’un manque de transparence dans la gestion de la situation.

Face à ces éléments, la CFDT Santé-Sociaux et l’UNSA Santé Sociaux ont saisi le procureur de la République et demandent la mise sous administration judiciaire de l’association afin de sécuriser les salaires et préserver les emplois.

Un dispositif reconnu pour le suivi des maladies chroniques

Malgré la crise actuelle, les salariés poursuivent leurs missions auprès des patients. Le dispositif Asalée est reconnu pour son rôle dans l’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques, notamment le diabète ou les pathologies cardiovasculaires.

Les infirmiers interviennent directement dans les cabinets de médecine générale afin d’assurer un suivi régulier des patients et de renforcer la prévention et l’éducation thérapeutique.

Pour les professionnels concernés, l’enjeu dépasse leur situation personnelle : il s’agit aussi de préserver un dispositif de santé publique développé depuis plus de vingt ans.

Des critiques également formulées après un rapport de l’IGAS

La situation actuelle s’inscrit également dans un contexte de critiques concernant le fonctionnement du dispositif. Plusieurs analyses ont été publiées après un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) portant sur l’organisation et la gestion d’Asalée.

Selon certaines publications spécialisées du secteur infirmier, le rapport évoque des dysfonctionnements de gouvernance et une activité inférieure aux objectifs fixés. Le dispositif, qui mobilise plus de 2 000 infirmiers travaillant avec environ 9 000 médecins, serait financé par l’Assurance maladie à hauteur d’environ 104 millions d’euros par an.

Ces critiques ont notamment été relayées par la Fédération nationale des infirmiers (FNI), qui évoque un système jugé opaque et s’interroge sur la place des infirmiers dans le dispositif.

Lire l’analyse publiée par la Fédération nationale des infirmiers

Ces éléments font partie du contexte ayant conduit les autorités sanitaires à demander des évolutions dans la gouvernance et le fonctionnement du dispositif.

Vidéo : présentation de l’association

Lire le communiqué de la CFDT Santé-Sociaux

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